Deux crises, une réponse industrielle : accélérer l’incorporation de matières plastiques recyclées produites en France.
- Administration SRP
- 14 avr.
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Le Syndicat des Régénérateurs de Plastiques (SRP) alerte sur la conjonction de deux crises majeures affectant la filière plastique européenne et appelle à une réponse industrielle immédiate : le développement massif de l’incorporation de matières plastiques recyclées Deux crises, une réponse industrielle : accélérer l’incorporation de matières plastiques recyclées produites en France.(MPR) produites en France et en Europe.
Un double choc qui confirme la vulnérabilité structurelle de la filière
La récente crise géopolitique affectant l’Iran et la circulation dans le détroit d’Ormuz a provoqué une hausse brutale des prix des résines plastiques vierges. Selon les observations du secteur, les prix de nombreuses résines ont augmenté de plus de 33 % en quelques semaines, avec des hausses particulièrement marquées sur les polyoléfines (PEHD, PEBD, PP). Le PET n’a pas été épargné, enregistrant une augmentation de +28 % en un mois.
Cet épisode s’inscrit dans une succession de crises depuis 2020 (pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, tensions commerciales internationales, crises énergétiques et géopolitiques), qui traduisent une instabilité désormais structurelle des marchés mondiaux. Même en cas de reflux des prix à court terme, les risques sur la sécurité des approvisionnements demeureront.
Parallèlement, la filière européenne du recyclage des plastiques connaît une dégradation rapide de sa situation économique.
Les coûts d’exploitation d’une usine de recyclage en Europe sont 3 à 5 fois supérieurs à ceux observés en Asie ;
Entre 2023 et 2025, l’Europe a perdu 1 million de tonnes de capacités de régénération ;
Aux Pays-Bas, 25 % des capacités de production ont disparu ;
En France, 6 usines de régénération ont fermé en 2025, une première depuis 20 ans.
Ces évolutions traduisent une perte de compétitivité structurelle, dans un contexte de concurrence internationale intense, y compris sur les matières plastiques recyclées importées.
L’incorporation de MPR : une réponse industrielle immédiate et opérationnelle
Face à ce double constat, le SRP appelle à un recours accru et systématique aux matières plastiques recyclées produites en France et en Europe.
Rémy Belval, président du SRP, souligne ainsi que « Les MPR constituent aujourd’hui des matériaux industriels matures, répondant à des exigences élevées de qualité, traçabilité et certification. Leur intégration est déjà effective dans de nombreux secteurs et peut être étendue à grande échelle. Si certaines applications spécifiques peuvent encore présenter des contraintes techniques, le non-recours durable aux MPR constituerait une erreur stratégique majeure au regard des évolutions économiques, réglementaires et environnementales. »
Un levier de sécurisation des approvisionnements
Le recours aux MPR produites en France et en Europe et issues de déchets européens permet de renforcer la résilience industrielle en réduisant la dépendance aux matières premières vierges importées.
En s’appuyant sur des ressources issues de déchets collectés et traités localement, les industriels sécurisent leurs approvisionnements face aux fluctuations des marchés internationaux. Cette logique contribue directement à l’autonomie stratégique européenne, en limitant l’exposition aux chocs géopolitiques et aux tensions commerciales.
Un instrument efficace de décarbonation
L’incorporation de matières plastiques recyclées constitue également un levier direct de réduction de l’empreinte carbone.
En substituant des matières vierges d’origine fossile, les MPR produites en France et en Europe permettent de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre associées à la production de plastiques. Elles contribuent ainsi aux objectifs climatiques européens et aux stratégies de décarbonation des industriels.
Dans ce cadre, le développement des MPR s’inscrit pleinement dans les objectifs du Pacte vert pour l’Europe et des politiques climatiques de l’Union.
Un cadre réglementaire européen de plus en plus exigeant et ambitieux
Le recours aux matières plastiques recyclées est désormais structuré par plusieurs textes européens majeurs (PPWR, SUPD, ELVD, ESPR et Circular Economy Act à venir), qui convergent vers une augmentation obligatoire du contenu recyclé dans les produits. Ces textes prévoient des exigences croissantes en matière d’incorporation de matières recyclées, avec des échéances de mise en œuvre rapprochées. Ils rendent l’intégration des MPR non seulement pertinente, mais progressivement obligatoire pour de nombreux secteurs.
Des incitations économiques déjà en place
En France, les pouvoirs publics ont engagé des mesures concrètes pour soutenir l’incorporation de matières plastiques recyclées. A leur demande, les éco-organismes ont mis en place depuis janvier 2026 un dispositif de primes à l’incorporation pouvant atteindre 450 à 1000 euros par tonne de MPR incorporée. Ce mécanisme constitue un levier opérationnel immédiat pour les industriels.
Un enjeu de souveraineté industrielle et de maintien des capacités
Le développement de l’incorporation de MPR produites en France et en Europe et issues de déchets européens conditionne directement l’avenir de la filière européenne du recyclage.
La perte d’un million de tonnes de capacités entre 2023 et 2025 illustre la fragilité du secteur. Sans débouchés solides, ce recul pourrait se poursuivre, compromettant la capacité de l’Europe à atteindre ses objectifs en matière d’économie circulaire.
À l’inverse, une demande accrue en matières recyclées permettrait de :
sécuriser les investissements industriels ;
maintenir et développer les capacités de production ;
préserver les emplois dans la filière ;
renforcer la compétitivité européenne.
Un appel à une mobilisation immédiate des acteurs économiques
Le SRP appelle les plasturgistes, les metteurs sur le marché et l’ensemble des donneurs d’ordre à intégrer pleinement les matières plastiques recyclées dans leurs stratégies industrielles.
Cette évolution suppose :
l’intégration des MPR dès la conception des produits ;
l’adaptation des cahiers des charges techniques ;
la contractualisation avec des fournisseurs européens de matières recyclées ;
l’anticipation des exigences réglementaires à venir.
Les membres du SRP, qui représentent 85 % de la production française de matières plastiques recyclées, sont en capacité d’accompagner cette transition et de répondre aux besoins des industriels.
La conjonction des tensions sur les marchés des matières vierges et de la crise de la filière du recyclage impose une réponse claire.
L’incorporation de matières plastiques recyclées produites en France et en Europe et issues de déchets européens constitue une solution immédiatement disponible, alignée avec les objectifs industriels, environnementaux et réglementaires de l’Union européenne.
Dans un contexte d’instabilité durable des marchés et d’exigences croissantes en matière de durabilité, elle doit devenir un axe structurant des stratégies industrielles.
Le SRP appelle à un engagement rapide et massif en ce sens, condition indispensable pour assurer la résilience, la compétitivité et la durabilité de la filière plastique européenne.
Téléchargez ici le Communiqué de presse :
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